Usiwogope
Usiwogope[1]
De Nelly Mudenge Mukundwa
1. Présentation du roman
«Usiwogope » raconte le parcours d'un petit garçon de neuf ans, prénommé Salim. Tout commence par un rêve, ou plutôt un cauchemar dans lequel les souvenirs, tellement refoulés au quotidien, explosent avec violence. Au cauchemar du génocide succède celui du quotidien dans lequel cet orphelin tente de survivre dans les rues. Entre délinquance et solitude, Salim se bat pour se créer un avenir. Et de rigoles en rigoles, il croise sur son chemin, tous les personnages qui composent le paysage de la rue Rwandaise.
2. Présentation de l’auteure
Nelly Mudenge est une jeune auteure de 19 ans qui réside à Kigali. Née au Rwanda, elle fait partie de la deuxième génération du génocide.
Si elle a choisi d’aborder l’épineuse question des « Mayibobos[2] dit-elle, c’est pour donner « un autre regard sur ces parias de la société » et pour montrer « que sous la crasse et al maladie, il y a non seulement une profonde tristesse, mais aussi « l’espoir » d’une « vie meilleure».
3. Pistes de réflexion
«Usiwogope» est un texte dérangeant. Il fait valser nos habitudes et vaciller nos certitudes. Ici, «enfance» ne rime pas avec «insouciance», ni «famille» avec «foyer». Ici, pas de gentilles frimousses, pas de tendresse, pas d’indulgence… Ici, c’est la rue ; refuge des enfants seuls et abandonnés. Ici, on ne vit pas, on survit.
«Usiwogope» décrit avec moult détails le quotidien des enfants de la rue au Rwanda, et du coup nous interroge sur le statut qui est accordé aujourd’hui à l’Enfant, dans des pays du tiers monde ayant souffert de la guerre et ayant subi un traumatisme généralisé ; celui de du génocide. Cette interrogation en amène une autre ? Qu’en est-il aujourd’hui des droits de l’enfant, dans les contrées, dites développées et civilisées ? Y a-t-il un parallèle à établir entre les enfants des rues du Rwanda ou du Maroc et ceux livrés à leur sort dans les périphéries de nos capitales bien loties ?
Ce texte nous pousse également à analyser et à décrypter les mécanismes de la violence chez des enfants qu’on voudrait beaux, inoffensifs et innocents et qui dans des situations de détresse extrême deviennent des «petits monstres au cœur d’acier ».
Ce texte même s’il dépeint une réalité pénible, celle d’enfants condamnés à l’errance et à l’expérience quotidienne de la faim, laisse quand même une place à l’amour et à la possibilité de se reconstruire et de sortir du bourbier des caniveaux et des rigoles. Il nous invite en définitive à réfléchir aux solutions : Peut-on éradiquer le phénomène des enfants de la rue ? Quel chemin pour une réinsertion possible ? Comment sauvegarder les droits des enfants ? Comment les protéger quand ils n’ont plus de repères et que la misère de la pauvreté est souvent le résultat d’une misère affective (rejet et abandon des enfants).
La Compagnie Ubwigenge propose un cycle de lecture/débat et d'ateliers d'écriture autour de ce roman.


